La Chine recule sur le filtrage de l’Internet
Classé dans Actualités, InsolitePar clement le 1 juillet 2009 à 14:38 — Lu 1 fois
Surprise, la Chine a décidé de repousser la mise en place du système de filtrage internet censé équiper les nouveaux ordinateurs vendus dans le commerce. Aucune nouvelle date n'a été annoncée.
Parfois, la Chine tient donc compte de l'avis international. La mise en vigueur du logiciel de filtrage, poétiquement baptisé « Barrage vert d'escorte pour la jeunesse », qui devait équiper tous les nouveaux ordinateurs vendus sur le marché chinois a été repoussée. Le logiciel avait pour but officiel de protéger la jeunesse chinoise des sites aux contenus pornographiques, violents ou malsains. Un peu partout dans le monde, gouvernements comme fabricants du milieu informatique s'étaient insurgés contre cette mesure.
Mauvaises intentions
Pour beaucoup, le but protecteur et louable du logiciel n'était qu'un prétexte pour que la Chine puisse en fait exercer un contrôle bien plus poussé des internautes du pays. Rappelons que la Chine est le pays qui compte le plus d'internaute (environ 300 millions). Récemment des chercheurs de l'université du Michigan, s'étaient penchés sur le logiciel de filtrage et avaient conclu qu'en plus de sa fonction première, il présentait de sérieuses « lacunes »: Blocage de mots « politiquement sensibles », possibilité de prendre contrôle d'un ordinateur à distance et problèmes de sécurité. Un peu tout ce que craignait la communauté internationale en somme.
Cerise sur le gateau, l'AFP révèle que la société Solid Oak accusait ouvertement l'entreprise conceptrice du logiciel, Jinhui Computer System Engeneering Inc, d'avoir copié à l'identique son logiciel de contrôle parental Cyber Sitter, pour aboutir au « Barrage vert d'escorte de la jeunesse ». La compagnie chinoise serait allée jusqu'à distribuer la notice de la compagnie américaine. Des accusations totalement réfutées par Pekin bien évidemment.
Rien n'est fait
Tout le monde se félicite dans le monde de ce recul de Pekin, pays régulièrement impliqué dans des affaires de censure en particulier sur internet. On se rappelle de l'auto-censure de Google sur son portail chinois qui éclipse les contenus concernant le massacre de la place Tian'anmen, affaire révélée à l'occasion des 20 ans du drame cette année. Tout le monde y va donc de son petit moment de gloire comme Ed Black, président de l'Association de l'Industrie de L'information et de la Communication aux Etats-Unis, qui déclare que le recul chinois « montre que lorsque les responsables gouvernementaux américains du commerce s'impliquent, ils obtiennent des résultats ».
Il ne faudrait pas non plus avoir tendance à crier victoire tout de suite et se congratuler aussi rapidement. D'abord parce que dans un premier temps la Chine a annoncé que si la mise en place du logiciel était repoussée, c'était avant tout parce que les délais d'installations sur les ordinateurs étaient trop courts pour que tout soit effectif aujourd'hui. Ensuite parce que le constructeur d'ordinateurs, Dell, soucieux des enfants (mais certainement encore plus du marché chinois) a déclaré à l'AFP « respecter la volonté affichée par le gouvernement chinois de protéger les enfants en filtrant la pornographie ». Une façon de se garder toutes les options ouvertes. Reste à voir ce que les autres constructeurs vont en penser d'ici quelques temps.
Avec AFP
A lire également: La Commission Européenne accuse la Chine de censurer internet
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