Génocide arménien: la Turquie va t-elle punir la France?

« Honte à toi, France » titrait ce matin un grand quotidien turc, Vatan, suite à la loi votée par le Sénat, pénalisant la négation du génocide arménien. La crise entre les deux pays, n’a jamais été aussi profonde, depuis le référundum de 2005.

L’ensemble de la presse turque s’est déchaînée: pour le journal populaire Posta, « le président français Sarkozy a tourné le dos à la liberté et à la Turquie pour quelques votes », alors que pour Hürriyet, on parle de « massacre de la démocratie ». Le ministre turc des Affaires étrangères a même menacé la France d’une « rupture totale » des relations diplomatiques, et s’est dit « déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires contre cette mesure injuste ». Ankara prévoit de réduire sa présence diplomatique en France, l’ambassadeur turc, Tahsin Burcuoglu parlant déjà de « départ définitif ».

Si la Turquie met en oeuvre toutes ces sanctions, les relations diplomatiques seraient reléguées au niveau des chargés d’affaires, soit la dernière classe de la mission diplomatique. Du côté de Paris, on tente de drédramatiser, on préfère parler de « faute », ou « d’erreur », et Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères et donc, premier homme politique concerné, juge cette loi « inopportune » et a appelé la Turquie au « sang-froid ». Mais pas sûr que le message ait bien été reçu du côté d’Ankara, car le Premier ministre turc, Recep Erdogan, dénonçait mardi, une loi « discriminatoire » et « raciste ».

En cette période de crise, la France pourra t-elle se passer d’un allier économique aussi conséquent que la Turquie? Et en cette période de révolutions dans le monde arabe, et plus précisémment en Syrie, la France pourra t-elle s’amputer d’une frontière aussi importante? Toutes ces questions restent ouvertes.