Kodak : C’est la fin d’une grande entreprise

Jeudi, Kodak a annoncé le dépôt de bilan. Officiellement placement sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, la célèbre marque de photographie pourra se restructurer sans subir les pressions de ses créanciers.

Le passage à l’ère numérique n’a pas réussi à Kodak. Mondialement connue pour ses pellicules argentiques, la marque jaune et rouge était l’emblème du capitalisme américain. Pendant plus de soixante ans, la société avait figuré dans le club très fermé des trente valeurs qui composent l’indice Dow Jones. A la veille du dépôt de bilan, elle ne valait plus que 150 millions de dollars en bourse. En un an, l’action est passée de 5,20 $ à 0,55 $.

Placée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, la société Kodak dispose d’une facilité de crédit de 950 millions de dollars négociée auprès de la banque Citigroup. Dans un communiqué, elle a jugé « suffisantes » les liquidités dont elle dispose « pour effectuer ses activités dans le cadre du chapitre 11, et continuer à fournir produits et services à ses clients comme à l’ordinaire. »

Depuis 2003, Kodak a fermé treize usines et cent trente laboratoires et supprimé quarante-sept mille postes. La société entend aujourd’hui terminer sa reconversion et réaliser 75 % de son activité dans le numérique, en se concentrant sur la vente de son riche portefeuille de brevets et de licence dans les techniques d’impression. Le PDG n’a rien annoncé concernant les 18 000 salariés que compte le groupe à travers le monde.

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