Mais où sont les burqa ?
Classé dans Actualités, SociétéPar pauline le 30 juillet 2009 à 12:18 — Lu 8 fois
Le phénomène ne serait que marginal. Selon deux études
menées simultanément, le port de la burqa ou du niqab concernerait à peine 400
femmes en France, bien loin des arguments alarmants scandés par les politiques.
A l'origine de ce débat, André Gerin juge ce chiffre « ridicule », ce voile représentant un symbole de soumission de la femme.
Dans l'ombre, cachées sous leur voile intégral noir, au
point de devenir invisibles. Un phénomène marginal, tel est le constat que
portent deux services de renseignement de la police sur le port de la burqa ou
du niqab, qui couvre de la tête aux pieds, certaines musulmanes. Selon deux
notes rédigées par la sous-direction de l'information générale (SDIG) et la
direction centrale du renseignement
intérieur (DCRI), 357 femmes précisément seraient concernées par ce
phénomène. Ce nouveau débat sur le port de signes religieux a fait
irruption dans l'actualité le 8 juin au moment où le député-maire de Vénissieux
André Gerin a demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur
la pratique du voile intégral en France. Si ce chiffre n'est pas « exhaustif »,
il est en tout cas moindre que le laissaient présager les arguments brandis
alors par les politiques, évoquant « une multiplication
spectaculaire » des burqa. Reste que 10 ans auparavant, ce voile
qui dissimule corps et visage de la femme était inconnu en France.
26% de Françaises converties
Le visage de ces femmes, cachées sous ce voile, s'avère très
surprenant, bien loin des clichés et des idées reçues sur la question. Une
très grande majorité d'entre elles est en effet âgée de moins de 30 ans. Plus
étonnant encore, près d'un-quart de celles-ci se révèlent être des Françaises
converties à l'Islam. « Un phénomène marginal, concernant des femmes jeunes
(moins de 30 ans), vivant le plus souvent en milieu urbain et volontaires
-voire militantes- pour porter le voile intégral » précise une note de la DCRI. Ces femmes auraient
choisi volontairement de se couvrir d'une burqa, au nom d'un engagement
religieux très fort. Le service de la SDIG précise également que le port du
voile intégral s'apparente à « une volonté de provoquer la société,
voire la famille, à un militantisme affiché, issu du salafisme ». Ce
rapport relate ainsi le cas d'une quinzaine de femmes voilées qui se seraient
rendues dans un grand magasin de Marseille sans faire le moindre achat, dans une
démarche provocatrice. La SDIG affirme dans sa note que, les fondamentalistes
mis à part, les musulmans, dans leur grande majorité, rejettent le voile
intégral et comparent ses défenseurs à une « secte ».
Loi ou non, telle est la question
Toutes ces données ne sont qu' « une première
approche rapide qui sera suivie d'une étude approfondie »,
précise-t-on au ministère de l'Intérieur. Créée à la suite du débat initié par
André Guérin, la commission d'enquête parlementaire sur ce phénomène vient
tout juste de commercer ses travaux et ne remettra son rapport qu'en janvier
2010. Cela servira à « éclairer » le gouvernement,
expliquent les notes de la SDIG et de la DCRI, afin de déterminer si une loi
interdisant le voile intégral se révèle nécessaire ou non.
« Ridicule »
«Je trouve le chiffre avancé
plutôt ridicule», a réagi mercredi le député-maire de Vénissieux. «Le
voile intégral, c'est l'iceberg recouvert d'une marée noire. Ne nous
trompons pas, l'emprise des fondamentalistes, des intégristes islamistes tente
de régenter la vie civile de certains territoires de notre pays», a-t-il expliqué. Pour nombre de ministres, une loi interdisant le port du voile
intégral serait inadaptée et même inefficace. Mais au nom du respect des Droits
de la Femme, plusieurs associations féministes la réclame. Car, c'est la
dignité de ces femmes qui compte désormais.
A lire également :
Port du voile : lancement d'une mission parlementaire de 32 membres
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