Plus de 100.000 personnes ont défilé samedi dans les rues de Moscou pour réclamer de nouvelles législatives. L’ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a par ailleurs conseillé à Poutine de quitter le pouvoir. Le début de la fin ?

Après la manifestation monstre de samedi à Moscou, le pouvoir sans partage de Vladimir Poutine est menacé. La vague de contestation remet en cause les fondements-mêmes du système en place au Kremlin depuis janvier 2000.

Vladimir Poutine a bénéficié des mesures de libéralisation prises avant lui et d’une manne pétrolière que les prix élevés du brut ont rendu très généreuse. Avoir fait croire que les Russes lui devaient personnellement l’amélioration de leur niveau de vie, et que la corruption n’était qu’un effet secondaire de la croissance, constituent ses deux principales prouesses.

Fin septembre, sa décision d’annoncer à l’avance son retour au Kremlin, à la faveur de la présidentielle de mars prochain, et la nomination programmée de Dmitri Medvedev au poste de Premier ministre, ont brisé le miroir des apparences. Il y avait là l’indication d’un schéma concocté dans le mépris de l’opinion. La fraude lors de l’élection du 4 décembre à la Douma a amplifié une contestation naissante. Aujourd’hui, le mouvement de masse prend de l’ampleur, suivant le schéma que l’on a connu dans le monde arabe. La mobilisation de la classe moyenne par les réseaux sociaux fait boule de neige, à mesure que le pouvoir perd sa capacité à faire peur à ses adversaires.

Vladimir Poutine a promis une « modernisation » du système politique russe, dont le président Dmitri Medvedev a annoncé jeudi les grandes lignes, qui assouplissent notamment les règles électorales et restaurent l’élection des gouverneurs, nommés par le Kremlin depuis 2004. La porte-parole du président Dmitri Medvedev Natalia Timakova a déclaré samedi, au moment de la manifestation, que la réforme visant à faciliter l’enregistrement de partis politiques allait entrer en vigueur « rapidement ».

 

Source : Le Figaro