Jeunesse aisée: jeunesse droguée!

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Antoine GinekisPublié le 27 novembre 2009 - Lu 1 005 fois

Une étude qui vient de sortir explique pourquoi les jeunes parisiens favorisés consomment plus de drogues que ceux des quartiers plus pauvres. 

 

« Pourquoi pour lui c’est l’équitation pour moi. Les bastons, pour lui la coke, pour moi les flics en faction« , disait Akhenaton dans la chanson « Nés sous la même étoile. » C’était il y a plus de dix ans mais comme souvent, le rappeur marseillais visait juste. 

Selon le milieu social, la jeunesse ne se vit pas de la même façon. Ou une autre facette de la division de notre pays qui se fait en fait très tôt et sur de nombreuses thématiques. Pour le coup, plusieurs études de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies se sont attachées à analyser la consommation de drogues chez les adolescents parisiens. Le résultat est sans appel: plus le quartier est huppé, plus la consommation est forte. En gros, le sud-ouest de la capitale se drogue bien plus que le nord-est. C’est un fait, une vérité montrée notamment dans une série telle « Gossip Girl » où la jeunesse la plus dorée d’Amérique n’est pas dépeinte sous son meilleur jour. Paris n’échappe pas à la règle. Mais l’étude va bien évidemment plus loin que ce simple constat et cherche à définir les raisons de cet écart. 

 

Une question de culture

Le premier élément qui ressort est culturel. Se droguer, ça sonne bien dans les beaux quartiers. Le cannabis? A peine une drogue. L’alcool ? Normal pour faire la fête. « Il faut être drôle et faire la fête, il y a une aisance et même une fierté à parler de ses expériences« , analyse Andrea Tibess, ethnologue de l’association Terre à Terre, dans les colonnes de 20minutes.fr. Le point de vue sur les drogues est quasi-inversé dans les quartiers plus pauvres où la peur de la dépendance semble beaucoup plus forte.

Ensuite, l’état des bourses rentre évidemment en jeu. Les ados bourgeois de Paris n’ont aucun problème pour s’acheter ce qu’ils souhaitent. Avec un argent de poche approchant souvent d’un Smic, ils peuvent s’offrir une consommation régulière de la drogue de leur choix. A l’inverse, les jeunes parisiens du 18e ont en général pas les mêmes possibilités d’achats. Aussi, et c’est un peu l’ironie du sort, s’ils n’en consomment pas, ce sont souvent eux qui servent d’intermédiaire dans la vente de la drogue…aux jeunes bourgeois.

 

Les jeunes aisés ont moins de responsabilités

Les études font ressortir d’autres éléments pour expliquer ces différences, qui sont plus d’ordre social. Dans les coins chics de la capitale, les jeunes ont bien souvent une vie sociale des plus débridées. Ils sortent énormément et donc multiplient les occasions de consommation de drogues. Ca n’est pas vraiment la même façon de vivre dans les localités plus pauvres. Les sorties sont plus rares. « Il y a plus d’interdictions et de controles, surtout les filles. Certaines ont peur que l’on prévienne leur frère, car tout le monde se connaît », explique Andrea Tibess. Aussi, il y a un certain sentiment d’irresponsabilité qui plâne dans les cerveaux des jeunes parisiens aisés. « Dans le 16e, l’important c’est de faire de bonnes études pour assurer son rang plus tard, mais il n’y a pas de responsabilités pendant le lycée et ils veulent en profiter« , poursuit Andrea Tribess. A l’inverse, elle explique que dans le 18e, les ados « ont moins de projets pour l’avenir, mais des responsabilités dans le présent. » Si le fric, c’est chic. La drogue aussi…   

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