Etat Palestinien : Obama s’engage clairement pour Israël

Au moment où le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’apprête à faire sa demande d’adhésion à l’ONU, les négociations font rage pour tenter de réinstaurer le dialogue entre Israël et la Palestine et empêcher un revers diplomatique.

Le président palestinien Mahmoud Abbas remettra ce vendredi à 11h35 à New York (17h35, heure française) la demande d’adhésion à l’ONU d’un Etat de Palestine au secrétaire général Ban Ki-moon avant de s’adresser à l’Assemblée générale des Nations unies. Alors que les Etats membres se positionnent pour une éventuelle reconnaissance de l’Etat palestinien, Barack Obama a récusé la demande palestinienne, mercredi, à la tribune de l’ONU, la qualifiant de «raccourci» illusoire. Les Etats-Unis opposeront leur veto au Conseil de sécurité si nécessaire. Cette opposition à la demande des palestiniens s’inscrit dans une alliance stratégique avec Israël, malgré le risque pour le gouvernement américain de voir chuter sa crédibilité auprès du monde arabe si le vote était favorable à la Palestine.

Les Palestiniens ont exprimé leur colère et leur écœurement après le discours pro-Israël de Barack Obama mercredi à la tribune de l’ONU. « Quand Obama est entré à la Maison-Blanche, ses idées et ses aspirations nous ont donné de l’espoir. Mais il a montré hier au monde entier que l’Amérique sera toujours aux côtés d’Israël et qu’il n’est pas différent de ses prédécesseurs », a estimé Mohammed Zidane, directeur d’école à Ramallah. Un responsable du ministère palestinien de l’Information Moutawakil Taha a accusé Obama de se conduire « comme un colon israélien ». « Quarante-deux veto américains à l’ONU ont permis à Israël de continuer à imposer l’apartheid dans la région. Le discours d’Obama a démasqué l’Amérique qui prétend soutenir les révolutions arabes », a-t-il commenté.

Par ailleurs, Israël a rejeté ce vendredi la proposition de Nicolas Sarkozy d’accorder un « statut intermédiaire d’Etat observateur » pour la Palestine à l’ONU, en la qualifiant de « fausse bonne idée », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères à l’AFP. « Il s’agit d’une fausse bonne idée car il est impossible de brûler les étapes en accordant un Etat aux Palestiniens quelle que soit son appellation. Un Etat palestinien ne peut résulter que d’un accord avec Israël », a affirmé Yigal Palmor.

Des manifestations sont prévues à l’occasion du discours de Mahmoud Abbas à l’ONU en début de soirée. La police israélienne a été placée en état d’alerte pour vendredi par crainte des violences engendrées par les rassemblements, a annoncé jeudi une source policière. La police a par ailleurs limité l’accès à l’esplanade des Mosquées dans la Vieille ville de Jérusalem, redoutant des troubles à l’issue de la prière, selon cette source.

Obama, lui qui s’engageait personnellement à faire avancer la paix au Proche Orient et ne pas attendre la fin de son mandat pour s’en occuper vient de nous prouver qu’il avait menti. Obama, qui tout au long de ses multiples discours a déclamé la nécessité d’un État palestinien. Au Caire, le 3 juin 2009, Obama déclarait : « La situation pour le peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos à l’aspiration légitime du peuple palestinien pour la dignité… et leur propre État ». Nous sommes en septembre 2011 et il finit sa présidence en menaçant d’user de son veto au Conseil de sécurité contre la reconnaissance d’un État palestinien. Il en oublie son souhait de voir cesser la colonisation israélienne. Et maintenant, Obama renvoie Israël et les Palestiniens échafauder une paix invraisemblable que personne ne croit, et surtout pas Mahmoud Abbas qui à 76 ans, lassé, cherche désormais à laisser un héritage à son peuple palestinien. Ce sera la demande de reconnaissance à l’ONU.