L’IVG chez les mineures, des chiffres alarmants

A partir de ce mardi, les lycéens d’Ile-de-France pourront demander un pass santé contraception, dispositif qui permet d’avoir accès plus facilement à des moyens de contraception. A l’âge des premiers rapports, parler de sa vie sexuelle avec ses parents reste un sujet tabou pour la majorité des ados. Ce qui explique entre-autre les chiffres alarmants des pratiques d’IVG chez les mineures.

Plus de 13 230. C’est le nombre d’IVG (Interruption volontaire de grossesse) pratiquées chez les adolescentes de moins de 18 ans chaque année en France, selon le dernier rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) paru en octobre 2009. Ce constat est d’autant plus inquiétant qu’en 2002 il n’y avait « que » 10 722 pratiques d’IVG chez les mineures, toujours selon l’Igas. Des chiffres en pleine augmentation chez les mineures, alors qu’ils restent stables dans la totalité de la population (227 000). En termes de pourcentages, les adolescentes représenteraient entre 1,5 et 5% des grossesses en France chaque année.

Très peu d’adolescents parlent de leur sexualité avec leurs parents, ce qui explique la montée de la pratique – parfois traumatisante – de l’IVG. Mais pas seulement. Le Parisien souligne la « grande hypocrisie » du système actuel : l’avortement et l’obtention de la pilule du lendemain sont anonymes et gratuits pour les mineures, mais pas la pilule classique. Ainsi, pour des adolescentes inscrites sur la carte vitale de leurs parents jusqu’à 18 ans, il est donc obligatoire d’en parler avec eux. Un obstacle pour la majorité d’entre-elles. En revanche, les adolescents, eux, n’ont aucune excuse puisque l’achat de préservatif est beaucoup plus simple.

Pour lutter contre ce phénomène grandissant, la région Ile-de-France a décidé de lancer le pass santé contraception, à l’instar du Poitou-Charentes où un dispositif similaire est déjà en place depuis juillet 2010 (photo). Il se présente sous la forme de cinq coupons : un bon pour une première consultation chez un généraliste ou un gynécologue ; un pour l’accès à une prise de sang ou des examens biologiques ; un pour obtenir des contraceptifs en pharmacie avec l’ordonnance du médecin ; un pour une deuxième consultation médicale ; et un dernier pour le renouvellement du contraceptif. Toutes les étapes sont gratuites.

Principalement destinés aux élèves de 2nde, les 15 000 pass qui devraient être imprimés pourront être accessibles à tous les lycéens auprès de l’infirmière de leur lycée. Chaque pass obtenu ne sera valable que pour six mois. Jean-Paul Huchon, le président PS d’Ile-de-France, précise dans le Parisien que « les contraceptifs ne [seront] pas distribués comme des bonbons », mais l’anonymat de l’ado sera respecté : les parents ne seront pas avertis et aucune carte vitale de sera demandée.

Pour aller encore plus loin, Jean-Paul Huchon propose également dans le quotidien l’abaissement de l’âge d’accès à la carte vitale à 16 ans (18 ans aujourd’hui).

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