Loi sur la prostitution: les clients aussi punis

« Je veux le dire sans ambiguïté : contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, il n’existe pas de prostitution libre, choisie ou consentante. (…) L’achat d’un acte sexuel correspond à la mise à disposition du corps des femmes pour les hommes, indépendamment du désir de celles-ci« , entendue mercredi par la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la prostitution, Roselyne Bachelot ministre des Solidarités et de la cohésion sociale, s’est déclarée favorable à la pénalisation du client.

En effet aujourd’hui la loi ne permet pas de poursuivre un homme qui paye pour des faveurs sexuelles. Roselyne Bachelot explique qu’il » faut les punir ! » (…) « La prostitution est la violence faite aux femmes la plus ancestrale » (…) « Il faut faire comprendre aux hommes qu’avoir recours à la prostitution, c’est entretenir la traite des êtres humains ».

Cette nouvelle a été saluée par les associations qui oeuvre dans ce secteur. Claire Quidet, du Mouvement du Nid confiait ainsi à l’Afp qu’« à un moment, il faut que la société place des limites. On n’achète pas un acte sexuel [qui] doit être en-dehors du champ du marché ».

Ses associations demandent aussi la suppression de la loi sur le racolage passif, instaurée en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et visant uniquement les prostituées. Mais, punir les clients des prostitués n’aura-t-il  pas le même impact que la loi sur le racolage passif ? A savoir rendre l’acte moins visible mais toujours présent. De quoi donner du grain à moudre à la prostitution sur le net, dans des endroits reculés, dans des salons de massage, et à domicile.

La mission parlementaire et Roselyne Bachelot se basent sur le modèle suédois, là-bas le client  encoure une forte amende et jusqu’à six mois de prison. La prostitution qui y est désormais cachée et se renforce grâce aux les réseaux clandestins .

« Cette confusion entre proxénète agresseur et client est contre productive. Ce n’est pas parce que l’on ne voit plus là prostitution qu’elle n’existe plus  » affirme  Isabelle Schweiger porte parole du  Strass (syndicat du travail sexuel).D’après Roselyne Bachelot, la mission rendra mi-avril ses conclusions qui « pourraient donner lieu à une proposition de loi », mais « elle ne sera pas votée et appliquée avant 2012« . Le plus vieux métier du monde à encore des beaux jours devant lui.

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