Fac de Montpellier : la crise continue

Fac de Montpellier crédit Le Nouveau Montpellier DR

Depuis plusieurs jours, la fac de Montpellier fait tristement les actualités. En effet, après l’expulsion manu militari des étudiants qui bloquaient un amphi, des élèves pro et anti blocage se font désormais face alors que le doyen a donné sa démission…

 

Tout a commencé le jeudi 22 mars dernier. Afin de protester contre la loi Vidal, l’occupation d’un amphithéâtre de la fac de droit et de sciences politiques de Montpellier a été décidée lors d’une assemblée générale intersyndicale. Plusieurs dizaines d’étudiants ont donc investi les lieux en attendant l’AG suivante, qui devait se tenir le vendredi matin. Un blocage qui a malheureusement pris fin dans de tristes circonstances.

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une dizaine d’individus masqués ont fait irruption dans l’amphi pour déloger ses occupants. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne l’ont pas fait très gentiment. Tout le week-end, des vidéos ont ainsi circulé sur les réseaux sociaux, montrant des personnes cagoulées et armées de lattes de bois, brutaliser les étudiants présents. Des agressions accompagnées de brimades et d’insultes, dont 3 élèves sont ressortis blessés.

Fac de Montpellier crédit Le Nouveau Montpellier DR

Image d’illustration – Amphithéâtre de la faculté de Montpellier

Le doyen de la fac de Montpellier accusé de complicité

 

Selon certains témoins, cette intervention musclée aurait été encouragée par le doyen de la fac de droit, Philippe Pétel, qui a démissionné depuis. Certains membres du corps enseignant ainsi que plusieurs étudiants auraient également fait partie des assaillants… « Cette agression a eu lieu sous le regard, selon les témoins, du doyen de la faculté et avec l’aide, tel qu’il ressort des vidéos, des vigiles de la faculté », indique la Ligue des Droits de l’Homme de l’Hérault, dans un communiqué.

 

« Au regard de la violence des images, la LDH de l’Hérault demande au procureur de la République l’ouverture d’une enquête concernant la mise en place d’une milice privée, intervenant de façon coordonnée, avec armes et violences afin d’effectuer une expulsion illicite. Il ressort des vidéos des voies de fait et des violences volontaires au sein de l’établissement universitaire », conclut le communiqué en question.

 

Le président de l’université, ainsi que 5 des étudiants agressés ont notamment porté plainte. À la suite de quoi le parquet de Montpellier a ouvert une enquête pour des faits de « violences en réunion et avec arme ». Une seconde enquête, menée quant à elle par le Ministère de l’Enseignement supérieur, a également débuté ce lundi 26 mars. Afin d’éviter tout risque d’altercations, la présidence a d’ailleurs décidé de fermer la fac de droit ce jour.

 

Des étudiants divisés qui s’opposent

 

Depuis, les étudiants se divisent en deux groupes : les pro blocage, qui soutiennent les victimes et exigent des réponses claires, et les anti, qui souhaitent voir leur fac rouvrir et plaident la présomption d’innocence pour le doyen. Les deux partis s’affrontent donc depuis ce lundi matin, devant la fac de Montpellier. Un blocus qui s’ajoute à celui de l’université montpelliéraine de lettres, Paul-Valéry, qui dure quant à lui depuis mi-février…

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