Les universités américaines accueillent de moins en moins d’étudiants étrangers

Habituels lieux d’accueils des étudiants étrangers, les universités américaines font aujourd’hui grise mine dans ce domaine. Concomitant à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, ce phénomène s’est accentué durant l’année universitaire 2017-2018, avec une baisse de 7 % des premières inscriptions d’étudiants hors USA. Une tendance qui n’est pas à lier uniquement à l’élection du nouveau président américain, puisque la baisse était déjà de 3 % pour l’année universitaire 2016-2017. Ce changement de paradigme inquiète les universités américaines, qui craignent une baisse de leur budget, jusqu’ici dopé par l’argent des étudiants étrangers (les frais de scolarité sont en général beaucoup plus élevés pour les étudiants qui ne viennent pas du système scolaire américain).

Michael Godard, de la Missouri Central University , admet dans le NY Times qu’« à mesure que vous perdez ces étudiants, les revenus assurés par les frais de scolarité sont affectés. Nous devons faire des choix budgétaires, nous adapter ». Son université a déjà perdu 14 millions de dollars par rapport au budget de l’année précédente.

Près de la moitié des facs américaines concernées

Des manques à gagner qui entraîne des restrictions budgétaires qui affectent dores et déjà les programmes scolaires des universités, qui sont touchées dans leur ensemble. Suppression des cours d’italien au sein de l’université du Kansas, de russe et de japonais à Wright State dans l’Ohio, où même l’équipe de natation ne peut plus s’aligner en compétition. Dans l’université du Missouri, il n’existe désormais plus de cours d’informatique, et le journal de l’université a été purement et simplement supprimé.

La baisse des étudiants étrangers concernent presque la moitié des facultés américaines, puisque 45 % des universités sondées déclarent avoir subi une baisse des inscriptions d’étudiants venus pour la plupart d’Europe, d’Asie ou du Moyen Orient. Une tendance qui ne s’explique pas uniquement par la politique de Donald Trump même si l’interdiction sur le territoire américain de ressortissants de 6 pays musulmans est un facteur explicatif important. De plus, toujours selon Michael Godard « l’Inde ne figure pas sur cette liste, mais de nombreux étudiants indiens de confession musulmane se sentent concernés par les restrictions en matière d’immigration. »

Les bussiness schools également touchées

Les business schools américaines sont également boudées par les étudiants étrangers. Selon le Financial Times « Les dernières données du Graduate Managment Admission Council montrent que deux écoles de commerce américaines sur trois ont enregistré une baisse des inscriptions du côté des étudiants internationaux ». Une évolution qui ne concerne pas les meilleures business schools américaines qui, du fait de leur prestige, attirent toujours un grand nombre d’étudiants étrangers. Les écoles moins cotées pourraient subir des changements similaires aux universités, et voir par exemple des formations disparaître.

Un autre fondement de cette baisse des inscriptions d’étudiants internationaux est la concurrence féroce qui règne entre universités américaines, britanniques, australiennes et surtout canadiennes. Ces dernières, qui comptent en moyenne 60 % d’étudiants internationaux, pourraient profiter de cette tendance.

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