Climat : le cri d’alarme de 15 000 scientifiques

Jamais un texte scientifique n’avait rassemblé autant de spécialistes. Plus de 15 000 experts provenant de 184 pays ont signé cette semaine une lettre adressée à la communauté internationale, par le biais de la revue spécialisée BioScience. Ce document met l’accent sur l’urgence écologique qui caractérise notre planète. On retrouve parmi les contributeurs à cette lettre des biologistes, des physiciens, des astronomes ou encore des agronomes. Tous s’accordent pour lancer un cri d’alarme à la société internationale, et demander des actions plus poussées afin de combattre le changement climatique tout en préservant la biodiversité.

Ce document est le deuxième de cette ampleur après la lettre publiée à l’issue du sommet de la Terre de Rio, en 1992. A l’époque, le nombre de scientifiques ayant ratifié cette lettre était « seulement » de 1700. Ce qui fait de l’appel des 15 000 le plus important de toute l’histoire de la communauté scientifique. C’est tout simplement le document scientifique ayant rassemblé le plus de signataires.

Dans cette lettre, les experts enjoignent les gouvernements de tous horizons à tout mettre en œuvre pour « freiner la destruction de l’environnement ». Intitulé sobrement « Mise en garde des scientifiques à l’humanité : deuxième avertissement », ce document s’adresse en réalité à tout un chacun, et témoigne des craintes de la communauté scientifique à l’égard du futur de notre planète…Et donc de notre espèce.

Le texte aborde de manière globale le changement climatique, avec des experts spécialistes du climat, des océans, de zoologie ou même d’halieutique. Les conclusions de ce document sont sans appel : la plupart des voyants sont au rouge et « l’humanité ne fait pas ce qui devrait être entrepris de manière urgente pour sauvegarder la biosphère menacée ».

Au rang des priorités, les signataires définissent la conversion de millions d’hectares de forêts sauvages en terres agricoles comme l’un des problèmes majeurs. Tout comme la nette augmentation de la température moyenne de la planète, ainsi que des émissions de gaz à effet de serre. L’appel met également en lumière la diminution sensible de la quantité d’eau potable disponible dans le monde depuis 25 ans (-26 %) ainsi que l’accroissement du nombre des « zones mortes » constatées dans les océans (+ 75 %). Une « zone morte » est une zone déficitaire en oxygène dissous, et qui par ce fait rend difficile la survie de nombreuses espèces marines. Enfin, les scientifiques appellent également à enrayer la hausse de la population mondiale (+ 35 % ) qui va de pair avec la réduction du nombre de mammifères, reptiles, oiseaux ou poissons(-29 %).

Mais cet appel n’est pas un cri de désespoir, puisque ce club des 15 000 considère qu’il est encore possible d’inverser ces tendances négatives et ainsi d’espérer enrayer le réchauffement climatique et la disparition des espèces peuplant la Terre. Parmi les mesures proposées, on retiendra la création d’un plus grand nombre de réserves naturelles, une modification de nos régimes alimentaires ou encore un renforcement des lois contre le braconnage. Enfin, au rayon des dispositions à visée sociale, le texte propose de freiner la croissance démographique par une généralisation du planning familial, ainsi que des programmes d’information des femmes dans ce domaine.

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