/// Bien-être // Psycho
Y a-t-il un phobique dans l’avion ?
Par Charlotte COUSIN / il y a 5 mois
Bien que l'avion reste le moyen de transport le plus sûr au monde, il génère tout de même une phobie touchant près d'un Français sur dix. Comment expliquer cette peur ? Et surtout, comment faire pour la combattre définitivement ?
Le complexe d'Icare
Les images de crashs aériens et de carcasses d'avions déchiquetées
hantent l'imaginaire de chacun d'entre nous. La surmédiatisation de ces
accidents contribue à créer un sentiment d'angoisse chez certains
passagers. Bien que le terme de " phobie de l'avion "
soit parfois galvaudé, certains éprouvent réellement une peur panique
de monter à bord. Par peur des moqueries, les personnes sujettes au
complexe d'Icare préfèrent souvent ne pas en parler à leur entourage.
Pourtant, l'aéroacrophobie, comme un grand nombre de troubles psychologiques, a ses propres explications.
Cette peur s'explique tout d'abord par l'impression que l'aviation est
quelque chose d'irrationnel. En effet, l'Homme n'étant pas physiquement
apte à voler, il est parfois difficile de concevoir qu'un si " gros objet " puisse s'envoler.
A chacun son stress
Selon les psychologues, ces phobiques peuvent être classés en six catégories. Tout d'abord, il y a " les terriens " pour qui voler relève du surnaturel. Viennent ensuite les " décideurs
" qui ressentent une frustration due à l'impossibilité de prendre le
contrôle de l'appareil en cas de couac. Ceux qui ont vécu un vol
turbulent et qui en gardent un très mauvais souvenir font partie de la
troisième catégorie. La famille suivante regroupe les anxieux qui
s'imaginent souvent des scénarios catastrophes parfois plusieurs
semaines avant de monter dans l'avion.
Puis, nous trouvons les agoraphobes et les claustrophobes qui ne
supportent pas de se retrouver dans un endroit clos. Enfin, en dernière
position, nous avons ceux qui ont tout simplement peur d'avoir peur.
On pourrait penser, à tort, que les attentats spectaculaires du 11
septembre constituent un facteur de cette phobie. Aussi étrange que
cela puisse paraître, les phobiques reconnaissent eux-mêmes que la
probabilité d'un attentat est très faible. Ils redoutent principalement
une faute de pilotage ou un problème technique.
Une peur née de l'inconnu
Dans la majorité des cas, cette phobie relève souvent d'une
méconnaissance de la technique et de la fiabilité des avions.
L'équation est simple : ce qui est inconnu effraie. Ainsi, peu de
personnes savent qu'un avion est vérifié chaque jour, que l'appareil
peut rester en vol même avec la moitié des réacteurs en état de marche
et que pilote et copilote ne mangent jamais la même chose pour éviter
toute intoxication alimentaire simultanée.
Pour remédier à cette peur de l'inconnu, Air France propose un stage
payant permettant aux personnes sujettes à cette phobie d'avoir une
approche théorique du vol d'un avion. Bien qu'elles rassurent
considérablement, ces connaissances techniques ne peuvent suffire. Par
conséquent, le stage s'accompagne d'une simulation de vol pour que les
passagers arrivent à vaincre leur angoisse en situation. Avec un taux
de réussite évalué à plus de 80%, ce stage est une véritable aubaine
pour tout aéroacrophobe. Seulement, à 230 euros la demie- journée, il
n'est évidemment pas à la portée de toutes les bourses.
Pour tout ceux dont le portefeuille est légèrement moins fourni,
quelques petites astuces pourront les aider à chasser idées noires et
crises d'angoisse.
Yoga, relaxation et activités cérébrales tels que les mots croisés
permettent de penser à autre chose et de vous distraire. Discuter avec
les hôtesses de l'air et le personnel navigant est une approche
rassurante, surtout lors d'un premier vol. Alcool et anxiolytiques ne
sont pas toujours de bons remèdes surtout lorsqu'ils sont associés.
Si cela peut vous rassurer, sachez que chaque année ce sont plus de
deux milliards de personnes qui utilisent l'avion pour leurs
déplacements. En tout, on ne dénombre que quelques dizaines
d'accidents, d'ailleurs pas toujours dramatiques, et à peine un millier
de morts. Soit six fois moins de morts que sur les routes de France...
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